| Histoire de l'AFDD |
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L’Association française des docteurs en droit, plus d’un demi-siècle d'existence La richesse de l’histoire de l’AFDD, qui repose sur le prestige de ses présidents successifs et le dynamisme de ses membres, atteste de sa capacité à relever les défis qui attendent le doctorat en droit en ce début de XXIe siècle. La volonté d'un homme et d'une petite équipe (1953-1958)
Créée en 1953, l'Association nationale des docteurs en droit (ANDD), devenue en 2002 Association française des docteurs en droit (AFDD), a vu le jour grâce aux talents de Claude Picard, ancien président de France Rail Publicité, qui avait compris que l'individualisme et la dispersion en facultés des juristes pourvus du plus haut grade universitaire étaient un obstacle à la reconnaissance de leurs qualités et à leur recrutement professionnel face à la concurrence des anciens élèves de grandes écoles groupés par promotions en efficaces associations. De cette idée simple, une petite équipe de jeunes docteurs, issus de l'association d'étudiants de la Maison du droit et tenant permanence le samedi après-midi rue des Ursulines pour recevoir les premiers adhérents recrutés grâce à une insertion gratuite dans le journal Le Monde, allait rassembler en quelques mois plusieurs centaines de noms, issus de milieux professionnels et géographiques variés, qui ne demandaient qu'à se connaître. Avec un objectif simple également : défendre et illustrer le titre de docteur en droit, aider les jeunes à s'insérer dans la vie professionnelle, organiser des réunions à thèmes, des débats de société, des voyages d'études, et pour cela éditer un annuaire, une revue et tenir un congrès alternativement à Paris et dans les autres régions. La reconnaissance d'Utilité Publique au cours de la Présidence la plus longue (1958-1969)
Cette première période d'enthousiasme et de prise de risques allait durer cinq ans, jusqu'en 1958, date de la nomination du second président, Émile Arrighi de Casanova, alors directeur du Commerce intérieur au ministère de l'Industrie et futur conseiller d'État. Sous une présidence efficace de douze années consécutives jusqu'en 1970, et avec l’aide d’un conseil d'administration motivé au sein duquel figuraient le professeur Marcel Waline, membre du Conseil supérieur de la magistrature, Marcel Rousselet, membre de l'Institut et premier président de la cour d'appel de Paris, Maurice Lemoine, directeur général adjoint et secrétaire général d'Air France, Yves Le Dantec, rédacteur en chef de Ouest-France, Jean Lefebvre, président directeur général de l'entreprise éponyme, Michel Lhospice, alors secrétaire général adjoint du Comité de l'importation charbonnière, et Émile Rouvière, directeur à la Foire de Paris, l'Association obtint la reconnaissance d'utilité publique par décret du 28 février 1966. Pendant ces douze années furent organisés les premiers congrès (Le Touquet en 1964), les dîners-débats, les voyages officiels à l'étranger, lancés le premier annuaire en 1960, ainsi que les premiers numéros des Cahiers de l'Association nationale des docteurs en droit en 1959 qui devaient devenir la revue Droit & Économie. Les docteurs en droit ainsi regroupés comptèrent près de 5 000 adhérents sur un total estimé de 10 000 diplômés. Une alternance Public-Privé à la tête de l'Association (1970-1974)
De 1970 à 1974, l'Association chercha à s'ouvrir davantage vers l'entreprise et le secteur privé en nommant à sa tête l'entrepreneur de travaux publics Jean Lefebvre, également juge au tribunal de commerce de Paris. On retiendra de lui le succès du congrès de Nice et du premier voyage en Pologne visant à desserrer ce pays de l'étreinte du rideau de fer. Il contribuera à ouvrir largement l'ANDD sur la vie économique et à faire bénéficier de son expérience les jeunes docteurs attirés par la vie des affaires. Le plus haut magistrat de l'Ordre Judiciaire Président de l'Association (1974-1978)
En 1974 et jusqu’en 1978, le plus haut magistrat de France dans l'ordre judiciaire, le premier président de la Cour de cassation, Maurice Aydalot, accepta de présider l'ANDD et permit de resserrer les liens avec la magistrature, le Palais de justice et le ministère de la Justice. Il présida de nombreux colloques et dîners-débats sur des sujets de société et organisa des réceptions mémorables à la Cour de cassation dont les adhérents tirèrent une grande fierté. Sous son magistère, l'Association prit alors son régime de croisière, regroupant en son sein l'éventail complet des professions du droit. Les professeurs agrégés de droit sont invités à rejoindre leur doyen (1979-1984)
De 1979 à 1984, le nouveau président, le doyen Georges Vedel, alors membre du Conseil constitutionnel et futur membre de l'Académie française, recourut à sa longue pratique juridique et à ses relations personnelles éminentes pour rapprocher encore davantage l'ANDD de l'université. Sa phrase favorite était : « de 1900 à nos jours, le nombre de docteurs en droit diplômés chaque année n'a pratiquement pas changé alors que le nombre d'étudiants a explosé ». C'est dire la valeur d'un tel diplôme. Il s'employa ainsi à le faire reconnaître dans toutes les instances nationales et internationales et resta longtemps après sa présidence le plus fidèle porte-parole et recruteur de docteurs en droit auprès de ses collègues enseignants agrégés. La Haute fonction Publique à la Présidence des docteurs en droit (1985-1990)
De 1985 à 1990, le nouveau président fut un grand commis de l'État, Maurice Doublet, ancien préfet de Paris et de la région parisienne. Entouré de Paul Borgniet, secrétaire général de l'Assemblée nationale, d'André Viel, président de SICLI, d'Henri Manzanares, conseiller de SCET, et des premiers administrateurs des débuts de l'Association, il noua des liens forts entre les docteurs en droit et l'Administration, contribua avec talent au succès de plusieurs congrès tenus dans des villes de province où il avait laissé le souvenir d'un brillant haut fonctionnaire et fut chargé de l'interface avec le pouvoir parlementaire pour obtenir en faveur des docteurs en droit la modification de la réglementation en matière d'accès au barreau. Amateur d'art et d'histoire, le préfet Doublet organisa pour l'ANDD des soirées mémorables au musée Carnavalet, dont il était le président. Au fil des ans, il devint un peu l'ambassadeur itinérant des docteurs en droit. Le Bâtonnier de Paris à la tête d'une association très ouverte au Barreau (1991-1997)
De 1991 à 1997, le président fut le bâtonnier Jean Couturon. Il était nécessaire en effet que la profession d'avocat, sans doute la plus exercée par les docteurs en droit, fut enfin mise en valeur. Ce fut une mandature ponctuée de points forts avec des congrès à thèmes réussis à Aix-en-Provence, Toulouse et Bordeaux. Malgré un commencement de baisse des cotisants dus à la conjoncture économique et à la montée du chômage, le bâtonnier tint la barre d’une main ferme et développa la pagination de la revue Droit & Économie, ainsi que la publicité dans l'annuaire. Il laissa une association apte à prendre le tournant de l'informatique avec un secrétariat à renouveler. La première présidente de l’Association (1998-2002)
Les temps ayant changé et la conjoncture devenue difficile, les docteurs en droit, plus préoccupés de leur emploi, délaissèrent l'Association. Le nombre d’adhérents fléchit quelque peu et les manifestations de prestige se raréfièrent. Le 10e annuaire du demi-siècle ne put sortir à temps, faute de publicité suffisante, et le congrès de 2001 dut être reporté à 2003. Mais les fées veillaient sur l'Association en la personne de Corinne Lepage, avocate internationale et ancienne ministre, élue en 1998, qui, par son talent, permit de passer le cap des tempêtes. Pour amener l'Association à bon port, il fallut prendre des décisions douloureuses et redresser une situation financière devenue dangereuse : déménagement du siège social de la rue Fabert après 34 ans de domiciliation dans ces locaux, vente d'un mobilier mal adapté, report du congrès, suspension provisoire de la revue trimestrielle, appel au mécénat, développement de l'informatique en vue d’éditer le nouvel annuaire 2003 et de préparer le passage à l'internet et à la correspondance e-mail. Le carnet d'adresses de la présidente et ses relations professionnelles permirent de sauver l'Association, de finir l'exercice 2002 in bonis, avec l'aide du trésorier Michel Poret et du commissaire aux comptes Jean-Luc Fournier, et de préparer le congrès réussi de mai 2003 sur le thème porteur du droit à la sécurité à la Maison du barreau de Paris. Entourée des présidents d'honneur de l'AFDD, dont le très fidèle bâtonnier Jean Couturon, des trois vice-présidents d’honneur - le professeur Roland Drago, président de l'Académie des sciences morales et politiques, Michel Lhospice, avocat, Henri Manzanares, conseiller auprès de la Commission franco-allemande -, de la secrétaire générale Florence Fresnel, avocate, de Jacques Morpain, directeur commercial chez Thalès, Corinne Lepage a ainsi organisé avec succès cette manifestation en faisant venir de prestigieux intervenants : Jean-Marie Coulon, premier président de la cour d’appel de Paris, le professeur Roland Drago, Patrick Hubert, le directeur de cabinet du garde des Sceaux, le bâtonnier de Paris Paul-Albert Iweins, le préfet Bernard, le juge anti-terroriste Ricard, Mme Prévot-Desprée et Mme Rudetzki, président de SOS Attentat. L'AFDD pouvait ainsi renaître et prospérer. L’AFDD présidée par un haut magistrat (2003-
Président honoraire de la cour d'appel de Paris, Monsieur Jean Marie COULON, pressenti par Madame le ministre Corinne LEPAGE, accepta avec simplicité, comme tout ce qu'il fait, d'être le capitaine d'un bâtiment qui pouvait s'enfoncer en dessous de la ligne de flottaison. Avec courage, pugnacité, constance, il pilota ce navire dans un gros temps.
Monsieur le Président COULON savait qu'il ne gagnerait rien à cette lourde tâche, qu'il accomplit avec hauteur, compétence, constance et un total désintéressement. Il acceptait un noble devoir, une haute magistrature, en honorant totalement sa parole : ce fut là la marque indélébile d'une âme trempée et bien née, qu'il en soit ici remercié avec infiniment de gratitude. L'AFDD présidée par un homme d'état
Encore Président du Conseil Constitutionnel mais à la fin de son mandat, Monsieur le Ministre Pierre MAZEAUD, Homme politique, fut approché par le conseil avec déférence. Il accepta la charge en agissant en homme politique. Après avoir auditionné chaque administrateur il établit un plan d'actions de grande envergure. Il s'attaqua au nerf de la guerre, et son nom ouvrit quelques subventions de haut niveau, puis il continua les colloques, relança comme son prédécesseur les appels à cotisation. Il choisit de faire de l'AFDD un lobby dans le champ des décisions judiciaires de nature à influencer la société (le juge d'instruction, la class action). Il créa une commission Statuts pour que l'AFDD soit en conformité avec la dernière législation. Grâce à Simone LEMAIRE, son projet de trouver un lieu digne de l'AFDD pour son secrétariat put se réaliser, Malheureusement il dut démissionner pendant le cours de son mandat sans accomplir toute la feuille de route tracée, sur l'amicale pression de ses médicastres, inquiets de constater qu'un homme de 80 ans mordait toujours dans la vie comme un autre de trente. Sous sa présidence, l'AFDD continua d'exister. Il ne voulait rien d'autre que permettre à cette association de rester vivante pour les générations de docteurs à venir et pour la grandeur du droit français Sa passion du futur et du service de la France furent sa seule motivation. L'AFDD fut très honorée d'avoir un président aussi hors norme. |
